Une brume épaisse recouvrait les terres qui bordent la cité de Windhowl ainsi qu'une odeur de terre humide qui donnait à l'endroit une atmosphère angoissante.
Un homme encapuchonné d'allure inquiétante avait repéré sa prochaine victime. Il la poursuivait depuis quelques instants. Sa proie ne soupçonnait pas ce qui se tramait, elle n'entendait pas le pas feutré du sicaire. La tiare sise sur sa tête aux longs cheveux dorés avait attiré l'attention du meurtrier.
Le sicaire était membre de la Guilde des Voleurs et la semaine qui venait de passer l'avait laissé sans le sous. La tiare qu'il allait rapporter au maître de la guilde, Assar, lui donnerait l'impunité, du moins, pour un certain temps.
La victime avait quitté l'agitation de la ville marchande pour verser quelques larmes silencieuses, loin des regards et près du danger. Un homme dont elle était amoureuse l'avait rejetée, elle n'avait pas vu venir le coup. Elle croyait que ses sentiments étaient réciproques mais s'était trompée.
Mais voilà que les événements se corsaient et prenaient une tournure différente que ce à quoi s'attendait l'assassin ; un homme de la garde venait de se joindre au théâtre de la situation. Plus rien ne pouvait surprendre l'assassin quand il réalisa que le garde n'était nul autre que la sentinelle de Windhowl. Celui-ci s'approcha de la femme à la tiare les paumes relevées vers le ciel en signe d'incompréhension. La demoiselle aux cheveux dorés tremblait et fit un geste de recul. Le trouble de la sentinelle se lisait dans la manière dont son corps parlait et sur son visage où la tristesse semblait vive.
L'assassin demeurait tranquille, il cessa son approche et se dissimula dans le décor de manière à pouvoir tenir sa position le plus longtemps possible sans être repéré. Bientôt la femme à la tiare se retrouva blottie entre les bras puissants du garde, son corps secoué de sanglot. Ses pleurs se calmèrent peu à peu au rythme des paroles chuchotées par le garde. L'assassin se désintéressa de l'objet de sa quête, la tiare de la demoiselle devint moins importante que de connaître un point faible pouvant nuire à Windhowl. Une information dont le chef de la guilde des voleurs pourrait se servir contre les défenses de la garde de la ville.
Suite à une longue conversation entre l'homme et la femme, dont les propos échappèrent à l'assassin, ils se séparèrent et marchèrent vers les murailles de la ville. L'homme d'armes raccompagna la demoiselle jusqu'à la mairie, suivi d'une ombre qui fut assez habille pour tromper la vigilance de la garde de nuit.
L'assassin nota l'emplacement des appartements de la femme aux cheveux dorés, attendit que la sentinelle de Windhowl retourne aux siens pour faire « d'une pierre deux coups ». Les volets de la chambre de la demoiselle, qui se trouvait dans l'aile est de la mairie, n'avaient pas été fermés, une imprudence qui profita à l'assassin.
Le cambriolage fut une rigolade, l'assassin poussa l'effronterie jusqu'à dérober les bagues de la femme à la chevelure couleur de blé qui souffla un mot de gentillesse dans son sommeil.
Dans sa fuite, la cape de l'assassin se coinça et demeura sur l'un des piquets du mur oriental des fortifications de la ville. Il ne s'en préoccupa guère, la nuit avait été trop belle pour qu'il perde son temps à gravir la muraille pour récupérer son bien.
Pour une fois la chance lui avait sourit mais d'une manière ahurissante. Il rapportait à Assar une information qui allait modifier le rapport de forces entre les défenses de Windhowl et les affaires courantes du monde interlope. La sentinelle allait devoir faire un marché avec ceux de la guilde s'il voulait que la vie de la demoiselle soit épargnée. Si une entente devait se conclure, les voleurs allaient entrer dans une période féconde de larcins. Comble du bonheur le veinard rapportait avec lui la tiare de la demoiselle dont les armoiries étaient gravées à l'intérieur, le savoir héraldique ne faisait pas partie des connaissances de l'assassin mais le chef de la guilde le saurait, lui.
Plusieurs heures avaient passé, l'aurore vint au moment où l'assassin rejoignait l'entrée secrète du repère de la guilde. Soudain, une douleur cuisante le frappa de plein fouet. Il n'avait pas vu venir le coup, un rayon de soleil l'avait aveuglé et empêché de voir venir l'attaque dans sa course effrénée. Jusqu'à maintenant, l'adrénaline avait maintenu ses forces mais ce coup avait vidé l'air de ses poumons et la prochaine inspiration qu'il prit lui donna la nausée. Il gisait sur le sol recouvert de la rosée du matin. Un visage se pencha vers le sien et il reconnut l'un de ses frères de la guilde. L'incrédulité modifia l'air triomphal qui un instant plutôt se lisait sur le visage de l'assassin qui avait plongé sa lame dans le corps de l'un de ses amis.
La chance du sicaire venait de connaître une fin tragique. La demoiselle à la tiare pouvait dormir tranquille et les habitants de Windhowl demeuraient sous la protection de la sentinelle de Windhowl, encore un autre jour.
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Par : Macraan, le 14 septembre 2005 à 00:00