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Extrait de «Souvenir d'une enfance verte»

Je n'étais alors qu'un enfant lorsque je me perdis par mégarde dans la forêt au Nord d'Arakas, loin des villes et de ma famille... Enivré par les pollens et fasciné par la beauté incontestable de la Nature si généreuse, je me rendis sans même m'en apercevoir au camp druide. La nuit tombait, emportant avec elle les chants des oiseaux et laissant place à un fond sonore bien plus mystérieux, ponctué de bruissements et de croassements. Juste quand j'arrivais au Cercle Sacré, je faillis croiser une lente procession de druides. Ces femmes et ces hommes marchèrent vers le Cercle Sacré, se placèrent chacun sur la circonférence du Cercle, et la scène prit soudain un aspect bien plus solennel. Celui que je devinais être Yrian Holenarbed, fondateur de l'Ordre de la Nature, prit place au centre du sanctuaire et leva les bras, comme annonçant le début d'une cérémonie. Les druides se figèrent alors tous, fermant les yeux pour méditer dans une symbiose unique et captivante. Quelques instants plus tard, comme touchés par un même appel, ils ouvrirent les yeux et Yrian prit la parole :

- Mes amis, mes frères. L'équilibre de la Nature est menacé. Les hommes ne respectent plus rien. Même les dieux avancent leurs pions sur l'échiquier d'Althéa sans se soucier de cette force qui nous nourrit tous, qui nous anime. La Nature crée et se perpétue selon la balance complexe de la vie et de la mort, du bien et du mal. Si un seul élément vient perturber ce processus, alors la Nature est tourmentée. Or le mal rôde, et nous nous devons aujourd'hui nous préparer à prendre les armes pour celle que nous avons tous juré de servir, de protéger. Puisse la pierre de vie nous aider dans notre tâche...
Il baissa alors les yeux et sortit d'une petite bourse un caillou grossier dont je ne reconnus pas la provenance. Mais cela n'avait pas d'importance : un évènement crucial se jouait sous mes yeux. Entonnant un chant grave et énigmatique, les druides commencèrent à invoquer les forces de la Nature. Je reconnus l'eau tout d'abord, puis le vent qui me glaça jusqu'à la moelle. Vint ensuite le feu lorsque soudain, la terre sous mes pieds se mit à vibrer. La Nature était en effusion, et je crois bien que je ne pourrai jamais raconter avec exactitude ce que j'ai vu, entendu, touché ou même ressenti ce soir là. Toutes ces émotions me submergèrent, et je perdis connaissance. En me réveillant le lendemain, je crus avoir rêvé avant de voir les stigmates de la terre au centre des menhirs dressés vers le ciel et je sus que jamais plus je ne verrai la Nature de la même façon...

Extrait de «Une enfance verte», livre de la bibliothèque royale.

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Par : Équipe Amalgame Online, le 16 juin 2005 à 00:00