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Etude Artherkienne sur les Arbres démoniaques.

Chacun sait que tout ce qui provient des arbres possédés par un esprit démoniaque est, à un certain degré, nocif ou dangereux. Mais comme pour tout ce qui est possédé, il est possible de purifier et d'exorciser l'objet en question afin de le destiner à une toute autre utilisation.

Mais avant de nous pencher sur ce que nous pouvons récolter sur ces arbres et de leurs utilisations, il convient de découvrir l'origine de ces arbres.

Selon les textes druidiques qui ont été les premiers à étudier les arbres et à travers eux le monde végétal, l'Equilibre, dans notre univers, serait un pilier central de toute chose. À chaque force de vie correspondrait sa force destructrice. La vie appellerait la mort, et de la mort renaîtrait les fondements de la vie. On retrouve donc la même chose dans l'espèce des Ents c'est-à-dire des Arbres doués de conscience, mais dans le cas qui nous intéresse, les arbres démoniaques semblent plutôt relever de la malédiction, de l'envoûtement artificiel d'une main maléfique. Ce point sera développé plus loin. Pour le moment concentrons nous sur la race. Ce qui suit est le condensé de ce que j'ai pu découvrir dans la Bibliothèque de Raven's Dust et dans celles d'Arakas, en LightHaven et WindHowl.

Les récits de l'apparition des Arbres qui marchent et qui parlent se perdent dans la mémoire de nos terres. Certains traités ou parchemins, ou encore légendes racontent que les Ents marchaient déjà sous le soleil lorsque les Elfes naquirent, et qu'ils avaient été touchés par les Esprits de Nature afin de faire d'eux des Protecteurs et de dignes Enfants des Forêts.

D'autres racontent au contraire que ce sont les Elfes, qui, à force de dévouement et de patience, réussirent à éveiller une jeune pousse de chêne et l'élevèrent comme l'un des leurs, lui permettant ainsi de devenir le premier Protecteur de la Forêt, espèce qui est toujours prospère de nos jours. L'expérience fut renouvelée et c'est ainsi que naquit, dans cette légende, l'espèce des Ents, ces arbres gigantesques d'une sagesse immense, élevée par les Elfes mais ayant continué sur sa voie propre, développant ses valeurs spécifiques et une intelligence que nous, humains, ne pouvons pas appréhender de nos jours.

Quoiqu'il en soit, les Ents, race à part entière ou création sublime des Elfes, comme beaucoup d'autre races connurent des déboires en leur sein même. Alors que les Elfes disparurent, jugés par l'Haruspice, les Ents se retirèrent dans leurs forêts et s'offrirent rarement à la vue pendant des centaines d'années. L'espèce perdit beaucoup de sa sociabilité, et une grande partie des Arbres Sages oublia le langage des êtres de petite taille, car le langage elfe avait pratiquement disparut, et celui des nains résonnait désormais comme un sacrilège, tant les nains décimaient leurs forêts pour fabriquer des armes et des outils pour creuser les montagnes.

Pendant cette période trouble il semble que naquit un courant de révolte parmi les Ents, qui se divisèrent alors en deux groupes. La majorité d'entre eux préférait rester au frais dans le cœur des immenses forêts, alors qu'une minorité voulait combattre les envahisseurs, ces êtres sur deux jambes qui coupaient leurs semblables et exterminaient des familles entières de feuillus et de conifères de leur connaissance. Bien entendu, chaque Ent comptait un membre de sa famille ou un ami mort sous les coups des haches de pierre et aucun d'entre eux oubliait leur parenté avec les arbres, qui, dans la société Ent, même s'ils ne bougeaient pas, étaient parfaitement conscients de leur entourage, et souffraient.

Les Ents Noirs apparurent alors, et, vengeurs, s'attaquèrent aux nains en premier lieu, puis aux humains qui leur succédèrent. Aucune trace cependant de ces combats ne paraît dans nos livres d'histoire communs, tout simplement parce que les Ents, même agressifs, prenaient des mois, voir des années pour se décider à sortir du cœur des forêts afin de se rendre aux villages impies. Il y eu sans doute quelques escarmouches, et de nombreux morts des deux côtés, mais le fait est que les dommages causés aux hommes et aux nains par les Ents Noirs restèrent limités, surtout à cause du nombre assez restreint de ces Vengeurs. Les Ents ayant des vies démesurément longues, s'échelonnant sur plusieurs centaines, voir milliers d'années, l'efficacité de leurs opérations restait douteuse parce que réalisées sur des périodes de temps trop importantes. Aussi, de guerre lasse, la plupart des Vengeurs finirent par se retirer pour ruminer entre eux leurs sombres pensées.

Les Ents sages, quant à eux, restèrent fidèles à leurs origines et continuèrent de protéger Nature tout en louant les Esprits. Certains très vieux Ents se retirèrent aussi au Cœur du Destin pour des raisons qu'on ignore. Peut-être pour y séjourner en paix et dormir du sommeil du Juste, ou encore pour protéger le Cœur du Destin, ce qu'on sait par contre selon les récits des aventuriers qui s'y rendent (et en reviennent) c'est qu'ils sont féroces et prompt à attaquer les intrus pour les décourager de passer. Peut-être simplement parce que ces aventuriers troublent leur sommeil, car on raconte en effet que les Ents sont généralement mécontents lorsqu'on les réveille.

Ce qui est plus troublant vint ensuite. Un des Ents Noirs, appelé Thorhenganmendigloflagorthiona reçu, un jour qu'on situe au début de l'ère Humaine (comprendre la première centaine d'année d'existence des Humains), la visite d'un homme mystérieux. Ce récit provient d'un cahier abîmé extrêmement vieux (c'est en essayant de le dater que les experts ont pu situer la date au début de l'ère Humaine) fait de feuilles mortes traitées, de la main même de cet homme, que j'ai déniché dans la Bibliothèque de Raven's Dust sous une cloche de verre. Je copie ce récit intégralement pour une meilleure compréhension de ce qui est arrivé. À noter que tout le début du cahier de notes a été arraché suite à l'exécution de l'auteur, comme précisé à la fin.

20 Fabulin

Je reprend demain ma route vers le Village Druide de Raven's Dust, afin de revoir ma famille et mes amis, pour la première fois en onze années d'exil.

Mon heure approche. La Gloire de Nature forcera les vaniteux des cités à se soumettre à Sa Volonté et Sa Magnificience.

3 Maesthul

Me revoilà au pays sacré. Après avoir passé plusieurs années à errer dans les territoires du nord, ravagés par les spectres et les Orcs, j'ai enfin consolidé mon savoir, et je suis prêt. J'ai dû, Ô sacrilège, me souiller du savoir démoniaque des impurs, copier et renforcer leurs malédictions les plus infâmes, mais pour une cause Ô combien Grande. Pour toi Mère… Pour toi Nature je me sacrifierai.

Cette nuit j'agirai.

26 Arthamel

Je suis de nouveau chez moi… Je suis enfermé dans une pièce du village Druide de Raven's Dust. J'attend ma mise à mort, car, d'après les Druides, j'ai violé nos règles les plus élémentaires. Ils m'ont rendu mon cahier ce matin comme c'était ma dernière volonté, je vais en profiter pour expliquer ce qui s'est produit entre le 3 Maesthul et aujourd'hui, en espérant que ce cahier me survira.

La nuit du 3 au 4 Maesthul, j'ai quitté le Village avec mon sac sur les épaules, marchant pieds nus, en direction de la Forêt Noire de l'île. J'avais dans mon sac le fruit de mes onze années de recherches; ce cahier, ainsi que tout ce dont j'aurais besoin pour accomplir ma destiné, un Rituel qui engendrerait l'arme ultime de Nature contre les agressions permanentes des humains sur notre environnement.

J'avais décidé, donc, de créer des Ents de Guerre. Pour ceci je devais apprendre les maléfices, la magie noire, la nécromancie, afin de jeter une malédiction à un Ent pour qu'il se transforme en machine à tuer, en exterminateur. Je savais que les Ents avaient déjà tenté, il y a des centaines d'années, de faire la guerre aux nains et aux humains, mais leur manque d'organisation a finalement sonné le glas de leur révolte. Avec ce que je projetais, les Ents Nouveaux marcheraient sous le Soleil et la Lune pour venger Nature avec vitesse, détermination, et surtout une efficacité sans faille ni pitié.

Je savais où j'allais trouver ce que je cherchais. Je savais à qui demander. Leur Savoir pouvait convenir à mes grands desseins. Leur nom était à peine chuchoté dans les cités, et encore moins dans les forêts, leur existence était une injure, pourtant… Pourtant il fallait que je les trouve, et que je m'instruise auprès d'eux. C'est ainsi que, finalement, j'ai découvert après bien des péripéties, mon mentor dans sa retraite paisible au fond d'une caverne retirée et protégée de légions de non-morts. Comme ma soif de savoir n'était pas feinte, et que ma venue jusqu'à lui tenait de l'insensé, il dût me juger digne puisque quelques temps après mon arrivée dans son antre, mon professeur se mit à l'œuvre et m'enseigna les rudiments de la magie noire, des rituels démoniaques et tout ce qui faisaient que les gens tremblaient a la simple évocation des mots maudits...


Je dois dire que j'étais bon élève car au bout de deux ans, mon maître me confia à un autre puissant sorcier, et ainsi, pendant les années qui suivirent, je pû apprendre de mains érudits leurs secrets les plus abominables.

Lorsque je demandai s'il était possible de transformer un être vivant en machine à tuer, mon professeur du moment pris un air horrifié puis fit signe de me taire. Plus tard il m'emmena dans une salle obscure, profondément enfouie sous terre, octogonale et aux parois recouvertes de crânes et me murmura que oui, on pouvait et m'orienta sur quelques pistes mais en me prévenant bien que c'était une chose immonde. Il parla de Golems, d'Homoncules et d'autres créations terribles. Pauvre maître. Si je n'ai pas dépassé son savoir et sa puissance, sans aucun doute j'ai appliqué plus de créativité que lui ! Et en un sens, plus de perfidie quand il le fallait... Le vol d'un de ses grimoires, "Les Doigts de la nuit" m'a bien servi. En reprenant certains principes, j'ai élaboré un rituel...

Mais je m'égare…

Mes recherches étant consignées au début de ce cahier, j'ajouterai seulement que le maléfice que j'avais élaboré fut un succès.

Tous les ingrédients, gestes, paroles, étapes du maléfice vont être censurés, arrachés de ce cahier cependant j'en ai peur, car à ma mort mes Gardiens fouilleront mes affaires et décideront de ce qui passera à l'Histoire, et ce qui n'en sera pas. Et je ne crois pas qu'ils voudront conserver ce rituel, aussi je vais continuer mon récit sans entrer dans les détails, je veux qu'on sache que j'en suis l'auteur. Et pourquoi je l'ai fait.

Je quittai, donc, mon Village Natal, où j'avais retrouvé avec bonheur les miens qui me croyaient mort. Avant de partir je coupai mes cheveux afin de les offrir à Nature en signe de résignation. Je Lui confiai ainsi ma vie. J'ai marché longuement, contournant les postes de gardes de la grande ville Humaine, puis j'arrivai à mon but : la Forêt Noire. Des arbres à perte de vue… Des bêtes de toutes sortes qui s'abritaient sous leurs branches, la lumière qui semblait ne jamais y pénétrer tellement l'orée du bois était homogène. Mon cœur s'emplit d'allégresse alors que je pénétrai ce lieu Sacré entre tous, l'illustration parfaite de l'abondance de Nature.

Les arbres me laissèrent progresser vers le cœur, car tout Druide porte en lui l'essence de Nature et est reçu comme chez lui dans les lieux sacrés. Le bruissement des arbres se faisait de plus en plus distinct alors que j'arrivais au centre de la Forêt. Devant moi se trouvaient plusieurs Ents, et en plissant les yeux je pouvais deviner la présence de quelques Ents Noirs qui se tenaient en retrait. J'ai alors salué les Grands Arbres Sages respectueusement et leur demandai l'autorisation de séjourner quelques nuits parmi eux afin de me ressourcer dans un des lieux intacts de Nature.

Évidemment je n'étais pas là pour ça, même si ce séjour me fit le plus grand bien et me conforta dans mes desseins.

Je pris alors contact avec un Ent Noir qui devait sentir mon désir (et l'envie de vengeance sait rassembler ceux qui peuvent la servir) car il accepta aussitôt de dialoguer avec moi.

C'est ainsi que j'ai rencontré Thorhenganmendigloflagorthiona de son nom commun, son nom complet est impossible pour moi à transcrire. Bien que jeune pour son espèce, il avait participé à de nombreux raids contre des camps isolés de bûcherons, et son corps noueux en portait encore les stigmates. Je le mit rapidement au courant de mes intentions, en secret et en tête à tête. Thorhenganmendigloflagorthiona me demanda un moment de réflexion, qui en fait s'étira sur plusieurs jours. Lorsqu'il revint me trouver, j'estime que c'était le 13 ou le 14 Maesthul, il me dit qu'il m'aiderait car son désir le plus cher était de combattre pour la Gloire de Nature et de laver l'affront commis depuis des générations sur ses proches et la nature en général.

La première nuit du rituel, Thorhenganmendigloflagorthiona, qui avait convaincu cinq de ses amis, se présenta dans un état avancé d'excitation, se qui se traduisait par un bruissement continu. Le rituel commença. Il avait hâte d'agir.

Le procédé devait durer une lune entière afin de bien maîtriser les Forces du Mal que j'allais invoquer.

Lorsque la dernière parole de la cérémonie fut enfin prononcée, les six Ents Noirs furent comme foudroyés. La Forêt devint silencieuse, la lumière recula dans les profondeurs du bosquet, et la clairière où nous nous trouvions me sembla soudainement beaucoup plus étroite, ma poitrine était compressée et la menace devint palpable. Le visage des Ents Noirs avait changé…

Leurs yeux démoniaques me fixaient avec démence, une aura sombre semblait s'échapper d'eux, leurs branches se tendaient comme pour me prendre au piège, et de leurs feuilles semblaient aussi coupantes que des épées. Puis Thorhenganmendigloflagorthiona s'inclina lentement devant moi en m'appelant Maître. Ô Nature quel moment magique!

Les autres Ents qui avaient assisté au dénouement commencèrent à s'indigner et le bruit devint tel que je dû me protéger les oreilles et battre en retraite vers l'orée de la Forêt, suivi par mes créatures.

Il faut que je dise cependant que si les autres Ents étaient restés détachés de ce que je planifiais au début c'était parce qu'ils n'étaient pas encore méfiants ni même curieux des affaires des humains, tant qu'ils ne transgressaient pas les lois des Cercles de Pierre ou les Bosquets Sacrés. Mais il en fut autrement après le rituel et leur colère était impressionnante. Je décidai donc de partir de la Forêt Noire avec mes créatures.

En sortant de la Forêt, nous avons tout de suite pris la direction du premier village sur la route. Mes Ents dévastèrent tout sur leur passage. Femmes, vieillards, enfants et hommes. Je tombai à genoux, brisé par l'émotion et je louai Nature en lui offrant la Vengeance. Au cours des mois qui suivirent, mes Ents punirent tous les humains que nous rencontrions.

Mon Œuvre était en marche. Je le savais, car je l'avais lu dans le Ciel. Les Étoiles, le Vent… Et même Nature m'envoya un rêve. Une grande plaine avec des milliers de mes Enfants, marchant à l'assaut des plus grandes villes humaines, détruisant tout sur notre passage, et Nature qui reprenait possession des cours et des jardins… Le lierre engloutissait les murs de pierres éventrés, l'herbe reprenait son droit sur les allées... Et du haut d'une colline, je contemplais Vengeance de Nature, mon Dessein accomplit, et Mère m'honorait de Sa Gloire, j'étais entouré d'une lumière verte et apaisante et tout en bas mes Ents louaient mon règne et ma venue, car j'avais libéré Nature.

Quelques nuits plus tard, alors qu'effectivement nos purifications se poursuivaient, et que je songeais à expérimenter mon rituel sur d'autres créatures en me voyant célébré partout pour avoir enfin soulagé Nature du fardeau douloureux des cités et des humains, un groupe de Druides fondit sur nous et la bataille s'engagea. Ils avaient avec eux plusieurs très vieux Protecteurs des Forêts et le combat fut féroce. Je perdit cette nuit là quelques uns de mes Enfants, mais nous le leur rendirent bien car non seulement nous avons réussi à terrasser deux Ents, mais aussi le chef Druide du groupe. Malheureusement, pendant que je criais ma joie d'avoir puni ces infâmes traîtres à Nature, je fut capturé, lâchement, avec un filet lancé de derrière moi. On m'emmena furtivement sans que mes Enfant s'en aperçoivent, et on me jeta dans cette cellule, qui fut, autrefois, la chambre de mon enfance.

Je fut interrogé pendant de longues journées et nuits, et me voici, attendant d'expier des fautes que je n'estime pas avoir commises. Certes mes Ents ont montré un tout petit peu trop de zèle, mais leur action est magnifique, la Vengeance de Nature est en marche! Les autres me traitent d'hérétique et d'inconscient, ils disent que j'ai trahi Nature en souillant un être parfait et pur tel qu'un Ent, et je dois payer de ma vie cet acte « abject ». Mais je sais que j'ai bien fait. Nature me guidait. Les pauvres fous ne se rendent pas compte du service que je Lui ai rendu. Je ne regrette rien. Mon Œuvre se poursuivra.

Ici s'achève mon récit car j'entend venir. Quels sots….

Note de Almankar : Le Traître (son nom ne sera plus jamais prononcé pour parfaire la condamnation) a été exécuté au petit matin et l'ensemble de ses recherches a été brûlé afin que plus jamais une telle abomination ne puisse se produire. Le dernier segment, la confession, a été conservé afin que nous puissions retracer l'Histoire de cette catastrophe qui a scandalisé les Ents, ces êtres qui protègent Nature depuis des temps immémoriaux. Et enfin pour que jamais plus un Enfant de Nature ne tente de se substituer à Elle en modifiant et avilissant une de Ses créatures.

De nos jours, nous savons que les six premiers Ents Démoniaques ont engendré des générations de leurs semblables en semant simplement les graines de leurs fruits, et ce sont leurs descendants qui peuplent aujourd'hui les terres de Raven's Dust. Nous ne savons cependant pas à ce jour si ces six Ents Démoniaques sont toujours vivants sous leur forme originale ou si, au contraire, ils ont pris possession d'arbres sains (voir plus loin pour l'explication). Tout ce que nous savons avec certitude, comme peuvent le confirmer certains Druides vivant dans les villages d'Arakas et Raven's Dust, c'est que le doyen des arbres démoniaques de nos jours est le dénommé GreyLeaf, qui vit dans les environs du Lac des Tarentules, soit pas très loin de l'ancien emplacement de la Forêt Noire, aujourd'hui décimée par l'activité humaine.

Nous savons aussi que les Ents démoniaques se sont multipliés, non seulement par la méthode naturelle de fertilisation, mais aussi en prenant possession d'arbres (des végétaux donc) sains. Nous savons en outre que tuer un Arbre Démoniaque ne libère pas l'esprit qui le possède. L'esprit de l'Ent enragé prend possession d'un autre arbre normal et continue son œuvre assassine. L'esprit ne s'attaque pas à Protecteur ou un Ent Noir parce qu'il y aurait une lutte que l'esprit Démoniaque ne pourra pas remporter.

C'est là l'abomination du maléfice accompli par le Druide renégat, car les esprits démoniaques n'ont aucun repos et migrent d'arbre en arbre. La violation de Nature se poursuit donc inlassablement, et il est fort probable que jamais quelqu'un ne parviendra à exorciser tous les arbres. Leur multitude est leur atout.
En ce moment même naissent de jeunes Ents Démoniaques pour remplacer les pertes.

Il y a fort à parier que l'esprit de l'Ent démoniaque perd de son essence en fusionnant avec un arbre normal, ce qui se traduit par un comportement plus bestial et surtout l'absence de dialogue. L'Arbre Démoniaque simple ne semble pas avoir la capacité de parler aux humains, ou n'en éprouve pas le besoin.

Les conclusions les plus répandues quant aux six Ents Démoniaques d'origine est que la plupart ont perdu leur premier corps et se sont transférés dans des arbres simples, car en effet le seul Arbre Démoniaque qui parle à notre connaissance et qui semble incontestablement plus avisé que les autres est GreyLeaf. La théorie est que c'est donc peut-être le seul survivant original présumé des six Ents Démoniaques « pères ».

Nous sommes en droit de nous demander si Thorhenganmendigloflagorthiona existe toujours, et certains ont émis la possibilité que ce soit lui, en fait, qui se cacherait sous le pseudonyme de GreyLeaf, mais compte tenu de ce que nous avons pu lire de cette histoire, ceci reste peu probable, étant donné que GreyLeaf, bien qu'agressif, ne semble pas détester autant les humains, et accepte même de leur parler et leur donner des anneaux en échange de quelques ingrédients, à condition que l'humain en question possedent une pierre verte surnommée comme étant « de l'esprit de la forêt ». Le « Doyen » serait alors un autre des pères, probablement moins fanatique lors de sa vie normale avant la Transformation.

Maintenant que nous connaissons mieux la nature des Arbres Démoniaques, penchons-nous sur ce qu'ils laissent en mourant..

Une fois que l'Esprit Démoniaque a quitté l'arbre végétal ou l'Ent qu'il possédait, le corps meurt et on peut en récolter le bois ou les feuilles. L'esprit malin a imprégné chaque fibre de son hôte et pour utiliser le bois et les feuilles démoniaque dans un but médicinal ou pour un rituel artherkien, il conviendra de les purifier. Bien comprendre ici que la purification est possible uniquement parce que l'esprit a quitté le matériel.

On voudra purifier le bois et les feuilles démoniaques pour simplement allumer un feu de cuisson, ou pour embaumer les temples, fabriquer des bâtons d'huile, du papier, faire des charpentes de maison… Chaque utilisation de ce bois destiné à la vie humaine doit passer par la purification. En effet, le bois démoniaque dégagera une aura surprenante en tout temps, et aura tendance, si nous prenons l'exemple d'une charpente, à faire sauter les clous et les gonds, à bouger dans son socle pour tout faire effondrer. Une bûche de bois démoniaque exhalera une fumée âcre et entêtante, elle risque de plonger celui qui la respire dans une transe cauchemardesque, voir provoquer des hallucinations. Bien que potentiellement dangereuse (réaction allergique, transe trop agressive, etc.) la fumée du bois démoniaque sert aux chamans et leurs rituels destinés aux Esprits, ou encore dans les rituels de magie noire.

Les feuilles quant à elles sont prisées par certains comme tabac hallucinogène, bien qu'il semble y avoir une accoutumance à ses effets à long terme et que les effets hallucinogènes diminuent considérablement selon l'utilisation. La personne ainsi habituée prendra alors ces feuilles comme tabac régulier. On voudra les purifier pour certains mélanges médicinaux, en effet le suc de ces feuilles (une fois qu'elles sont purifiées) contribue, avec d'autres ingrédients, à créer une potion destinée à favoriser l'apparition d'un état d'esprit très ouvert, mais près de la transe. Elle peut se rapprocher de la potion d'esprit clair dans les buts recherchés, mais comme elle est accompagnée d'une tendance à entrer en transe, on évitera de la consommer avant un combat, ou une activité qui demandera notre entière présence mentale.

Pour purifier le bois et les feuilles, la même méthode.


1 calice d'or
1 graal de pureté
2 fioles d'eau cristalline et pure
1 page de chacun des 5 cantiques destinés à Artherk
1 feu allumé à partir de braises du foyer d'un temple d'Artherk ou Lothar (avec du bois sain)
1 bol en fonte



On allumera tout d'abord le feu à l'extérieur, dans un foyer improvisé n'ayant jamais servi, avec la braise.
Disposer ensuite le calice à sa droite, et le graal en face, de l'autre côté du feu.
Déposer ensuite l'objet à purifier devant soi, entre ses genoux et le feu.
Verser l'eau dans le graal d'abord, puis dans le calice.
Déposer alors les cinq pages de cantique dans le bol en fonte, puis mettre celui-ci dans le feu, au milieu, afin que les pages brûlent et qu'on puisse ramasser les cendres (au besoin si la fonte est trop épaisse pour permettre aux pages de prendre feu, déposer une braise dans le bol).
Pendant que les pages brûlent, réciter au choix une prière à Artherk, ou une ode, le tout étant que les paroles couvrent le crépitement du feu.
Sortir le bol du feu et verser les cendres dans l'eau du graal et du calice, en parts égales.
Réciter une nouvelle fois l'ode ou la prière précédemment utilisée, puis verser doucement l'eau des deux récipients en même temps sur l'objet à purifier.
Lorsque le rituel est correctement réalisé, l'eau au lieu de détremper l'objet se transforme en légère brume et enveloppe l'objet, et un léger sifflement se fait entendre alors que la malédiction le libère.

Claudia, Lithurgiste d'Artherk
Dans le cadre des recherches pour le Clergé d'Artherk.

projet de l'équipe développé par Liyn



Par : Liyn, le 21 août 2005 à 00:00